OXYUROSE

                                 INTRODUCTION

-C’est une verminose exclusivement humaine
-50 à 90 % des enfants d’âge scolaire sont parasités
-La contamination est digestive ou aérienne, par ingestion ou inhalation des œufs et souvent auto-contamination
-Un signe, le prurit anal nocturne, résume la symptomatologie
-Un examen, le « scotch test anal » met en évidence les œufs
-Le traitement systématique de l’entourage et des règles d’hygiène évitent les contaminations.

COMPRENDRE

1-les caractéristiques des œufs à l’émission expliquent la contagiosité

-ils sont embryonnés donc d’emblée infestants, pour le malade comme pour son entourage. La contagiosité de œufs dès leur émission explique la fréquence des épidémies scolaires ou familiales.
-La contamination se fait par ingestion d’œufs déposés sur des aliments ou autres supports sucés ou avalés. Les poussières contaminées sont aussi une voir d’infestation possible.
-Les œufs restent viables plusieurs semaines dans les vêtements, les draps, le sol, sous les ongles…La présence d’œufs dans l’environnement du malade nécessite de prendre des mesures d’hygiène conjointement au traitement, pour lutter contre la recontamination.

2-les particularités de la ponte sont à l’origine de la symptomatologie

Les femelles gravides (chaque femelle peut contenir jusqu’à 1000 œufs) viennent pondre la nuit au niveau de la marge anale, dans les plis radiés. Elles se fixent par leurs cornées à la muqueuse et provoquent des micro-ulcérations responsables du prurit. Ces petits vers blancs, cylindriques, mesurent entre 8 et 12 mm de long (0,5 mm de large). Ils sont visibles à l’œil nu.

3-la durée du cycle conditionne le traitement

Entre l’ingestion des œufs, l’apparition des adultes puis l’émission des œufs, il s’écoule en moyenne 3 semaines. Ce délai justifie une deuxième cure d’anthelmintiques puisque le traitement est actif sur les vers adultes et non sur les œufs.

4-l’habitat des vers explique certaines complications

Les vers résident dans la région iléo-caecale et peuvent être à l’origine d’appendicite. Ils sont exceptionnellement retrouvés à l’examen parasitologique des selles.

DIAGNOSTIC

CIRCONTANCES DE DECOUVERTE

1-un prurit anal nocturne
-il faut envisager par principe l’oxyurose, d’autant plus qu’il s’agit d’un enfant.
-c’est la manifestation la plus typique, elle survient classiquement par crise de 3 à 4 jours puis s’atténue plusieurs semaines avant de réapparaître.
-l’examen local peut parfois mettre en évidence le ver (petit fil blanc de 1 cm), ou seulement des ulcérations qui se présentent comme un piqueté rouge sur une muqueuse inflammatoire, des lésions de grattage (à type d’eczéma, de prurigo), une surinfection (bactérienne ou mycosique).

2-des troubles intestinaux
Douleurs mal définies de la fosse iliaque droite. Troubles du transit diarrhée, vomissements, selles molles entourées de viscocités. Selon des études anatomopathologiques, dans environ 10 % des appendicites on retrouve in situ des oxyures, mais la responsabilité formelle de l’oxyurose n’est pas évidente (association ou cause).

3-des troubles neurologiques
Ils sont avant tout à type de troubles du sommeil et sont directement en relation avec le prurit anal nocturne. Cette insomnie nocturne entraîne une somnolence diurne responsable de difficultés scolaires. Des modifications du caractère à type d’irritabilité ou d’agressivité sont aussi observées. Très exceptionnellement des crises comitiales voire un syndrome méningé ont pu être décrits.

4-des troubles génitaux urinaires
-les troubles urinaires sont le plus souvent à type d’énurésie réflexe secondaire
-les troubles génitaux s’observent surtout chez le sexe féminin : prurit vulvaire capable d’évoluer en une véritable vulvo-vaginite, si des leucorrhées sont observées, elles peuvent contenir des œufs, des vers.

LE DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE REPOSE UN EXAMEN CLE : LE « SCOTCH TEST » ANAL QUI PERMET LA MISE EN EVIDENCE DES ŒUFS

-c’est une technique simple qui peut être facilement réalisée par les parents. Elle consiste à appliquer de la cellophane transparente adhésive sur la marge anale, elle doit être réalisée le matin avant l’émission des selles et la toilette anale. Une fois les plis de la muqueuse anale déplissés, la cellophane est appliquée puis immédiatement retirée et collée sur une lame de verre. Ce prélèvement peut être conservé plusieurs jours à température ambiante avant son dépôt au laboratoire où la recherche d’œufs s’effectuera par observation au microscope.
-il n’y a pas d’autres examens contributifs
-l’hyperéosinophilie est absente ou faible

 

TRAITEMENT

1-Traiter, c’est associer un traitement médicamenteux à des règles d’hygiène

Les règles d’hygiène
Elles visent à empêcher la réinfestation, et sont essentielles
-traitement collectif simultané de la classe et de la famille
-lavage des mains après chaque selle, avant chaque repas
-couper les ongles courts

Le jour du traitement et jusqu’à la deuxième cure (pendant 3 à 4 semaines)
-changer le linge, la literie
-aspirer soigneusement la chambre
-nettoyer les jouets
-utiliser un pyjama fermé pour la nuit

2-Le traitement anthelmintique doit toujours être renouvelé 3 à 4 semaines après la première cure

-Fluvermal (flubendazole) 1 comprimé, quel que soit l’âge, ou Povanyl (pyrvinium embonate) 1 dragée ou 1 cuillère à café/10 kg de poids
-ou Vermox (mébendazole) 1 cp à 100 mg, mais non commercialisé en France.

3-Une inefficacité du traitement ne doit pas faire suspecter une résistance médicamenteuse

Mais plutôt une non application des mesures d’hygiène.
Si l’on dépiste un cas d’oxyurose dans une famille, compte tenu de la bonne tolérance du traitement, il est inutile de pratiquer le scotch test dans l’entourage, le traitement systématique pour tous s’impose.

Prurit anal nocturne de l’enfant=oxyurose sans risque d’erreur

Traiter une oxyurose c’est traiter toute la famille en même temps et prendre des mesures d’hygiène.