MALNUTRITION PROTEINO-CALORIQUE


 

 

 

 

INTRODUCTION

Dans les régions tropicales et subtropicales, quelque 11 millions d’enfants souffrent d’une grave malnutrition protéino-calorique et 70 millions souffrent d’une malnutrition modérée.

Chez l’enfant de moins de 5 ans on observe 2 grandes affections de malnutrition avancée :

-le marasme

-le kwashiorkor

LE MARASME :

Le marasme nutritionnel est le syndrome de carence protéino-calorique le plus fréquent sous les tropiques

 

 

1-Epidémiologie :

Le marasme est du à une alimentation très pauvre, mal équilibrée, insuffisante en protéines et calories.

Le marasme survient le plus souvent dans la 1e année de la vie. Le marasme résulte presque toujours d’un arrêt précoce de l’allaitement maternel.

Les cas de marasme chez les nourrissons nourris au sein sont exceptionnels et ne s’observent que si la mère elle-même est très dénutrie.

-la prématurité accroit les besoins caloriques alors que l’enfant est difficile à nourrir, joue un rôle favorisant incontestable

-les affections de la bouche (stomatites, gingivites) provoquent souvent le refus de toute alimentation et sont la cause de dénutritions graves

-les diarrhées, si fréquentes en zone tropicale, sont le facteur primordial déclenchant

 

2-Symptomatologie :

a-le début :

Les premiers signes sont l’arrêt de la croissance et la fonte du panicule adipeux. L’enfant affamé porte les mains à sa bouche, crie sans cesse et dort peu. Il est constipé ou présente une petite diarrhée, de coloration vert foncé : la « diarrhée de faim ». Rapidement le tableau se complique

b-marasme confirmé :

A l’examen, le diagnostic est évident.

-Le retard de croissance est surtout pondéral (le poids de l’enfant est souvent < à 60 % du poids théorique)

-La fonte des tissus musculaires est manifeste

-les muscles sont atrophiés

-les muqueuses rouges contrastent avec la peau froide et pâle

-les cheveux sont normaux, parfois fins et secs mais non décolorés

-il a faim mais ne peut tolérer les grandes quantités qu’il vomit facilement

3-Evolution :

Sans traitement c’est l’évolution vers la mort à l’occasion d’une déshydratation aiguë ou d’une infection

LE KWASHIORKOR :

C’est une forme grave de malnutrition protéino-calorique due à une alimentation suffisamment riche en calories mais carencée en protides.

Il survient habituellement à l’époque du sevrage. En zone tropicale, le sevrage s’effectue aux alentours de 18 mois de telle sorte que le kwashiorkor apparaît dans la 2e ou 3e année de la vie

A cet âge les besoins en protides sont élevés en raison de la croissance et du développement musculaire. Les protéines animales (lait, viande, poisson, œufs) sont particulièrement nécessaires car riches en acides aminés essentiels et plus métabolisables que les protéines végétales.

 

TENEUR EN PROTIDES DES VEGETAUX UTILISES

EN ZONE TROPICALE

CATEGORIE

TENEUR EN PROTIDES EN %

ACIDES AMINES

Tubercules :

-manioc, igname, patate

1 à 2

lysine

Fruits :

-banane

1 à 2

lysine

Céréales :

-mil, maïs, seigle, sorgho, blé riz

10

lysine

Légumineuses :

-pois, lentilles

-soja

 

20

35

méthionine

Légumes à feuilles vertes :

4 à 10

méthionine

 

Les kwashiorkor précoces, survenant la 1e année sont particulièrement graves.

 

1-Symptomatologie :

a-le début :

Apathie et anorexie sont les premières manifestations cliniques de la maladie. L’enfant devient moins vif et refuse de manger. 4 éléments sont constants :

-les œdèmes

-le retard de croissance

-la fonte musculaire

-les troubles psychomoteurs

Les œdèmes

Ils débutent dans la région prétibiale inférieure, s’étendent aux pieds, aux chevilles, aux jambes puis atteignent le dos des mains, les cuisses, le dos, les bras et la face. Ils gonflent parfois les paupières et gênent parfois l’ouverture des yeux.

Retard de croissance

Il porte essentiellement sur le poids qui est en moyenne de 70 % du poids théorique. La taille est subnormale. Mais ces éléments sont difficiles à analyser avant la mise en route du traitement, car les œdèmes masquent le déficit de poids

Fonte musculaire

On l’apprécie par la mesure du périmètre brachial (il doit être > à 130 mm entre 1 et 5 ans) car l’œdème épargne généralement cette région. On note une hypotonie de la nuque lorsque l’on tente de redresser l’enfant.

 

 

Mesures diagnostiques Périmètre brachial enfants < à 5 ans

Périmètre brachial

Niveau malnutrition

Mortalité

> 135 mm

Nutrition normale

Non

> 120 mm et < à 135 mm

Malnutrition légère

Non

> 110 mm et < à 120 mm

Malnutrition modérée

Non

< 110 mm

Malnutrition sévère

Oui

 

Troubles psychomoteurs

Ils sont très caractéristiques. L’enfant est triste, apathique, frileux, irritable, inerte. Il reste immobile des heures entières et indifférent à ce qu’il l’entoure. L’examen neurologique est normal, à part une hypotonie musculaire.

Modifications de la peau et des phanères

Elles sont fréquentes mais non constantes. Les cheveux sont de texture soyeuse, leur racine est fragile et ils s’arrachent facilement en touffes, sans douleur. Chez le petit noir Africain, les cheveux deviennent roux, surtout si la malnutrition s’est installée progressivement.

 

TRAITEMENT :

Le traitement doit avoir lieu en traitement hospitalier

 

PREVENTION 

Les causes de la malnutrition en Afrique sont multifactorielles. Elles sont dominées par des causes économiques. Il s'y ajoute des causes :

-culturelles

-l'analphabétisme

-"les croyances africaines"

Il faut donc sensibiliser et éduquer les populations à l'alimentation diversifiée de l'enfant :

-tout d'abord allaitement maternel jusqu'à l'âge de 18 mois à 2 ans

-à partir du 5e mois il faut introduire :

a-purée de carottes, pommes de terre, riz, manioc, igname, niébés (petits haricots riches en fer)

-à partir du 7e mois :

-oeufs cuits, fruits (bananes, papeyes, mangues, etc….)

-à partir d '1 an :

-alimentation diversifiée et équilibrée comprenant protides, glucides, lipides et légumes verts