LEISHMANIOSES

                                           

 

                                                              

                                              LEISHMANIOSE CUTANEE

 

INTRODUCTION

-Les leishmanioses sont des parasitoses communes à l’homme et à certains animaux, dues à des protozoaires flagellés, les leishmanies, et transmises par des insectes, les phlébotomes.

-Les lésions siègent sur les zones exposés aux piqûres des phlébotomes

-Les lésions cutanées sont très polymorphes et indolores

-Le diagnostic est affirmé par mise en évidence des leishmanies au sein des lésions

-Après une évolution chronique, la guérison est spontanée mais laisse une cicatrice indélébile

Leishmaniose cutanée membre inférieur

 

COMPRENDRE

1-La sérologie est inutile

Dans ces formes cutanées, superficielles, les anticorps ne sont pas détectables par sérologie.

2-Les délais d’incubation ou d’évolution sont difficiles à estimer

Ils sont très variables et peuvent atteindre plusieurs années.

3-Les appellations locales sont très variées

" Bouton d’Orient, clou de Biskra, furoncle de Delhi, pian-Bois " ce qui reflète bien la banalité de la leishmaniose cutanée dans certaines régions.

4-L’acquisition d’une immunité spécifique ne protège que des souches locales

Cette " vaccination " naturelle n’est valable que pour des souches homologues.

 

DIAGNOSTIC

Il faut suspecter une leishmaniose devant des lésions cutanées très polymorphes.

1-Une lésion ulcérée

De taille et de profondeur variables, bien limitée, à fonds sanieux. Elle présente un bourrelet inflammatoire périphérique caractéristique.

Deux formes cliniques ont une évolution différente

La forme sèche

Superficielle, d’évolution très chronique, de taille limitée.

La forme humide

Où l’ulcère est plus creusant, dont la taille est plus grande et l’évolution plus rapide.

2-Une lésion non ulcérée

Est moins évocatrice et son aspect peut être varié : forme lupoïde, infiltrante, pseudotumorale, ulcérovégétante, hyperkératosique, circinée, papulocrouteuse.

3-Le diagnostic est évoqué car

La lésion siège au niveau de la face ou des extrémités. Parties du corps exposées aux piqûres de phlébotomes.

L’interrogatoire retrouve une évolution chronique La lésion initiale était une petite papule érythémateuse qui a grandi puis s’est transformée en nodule avant de s’ulcérer. Cette évolution chronique est toujours indolore en l’absence de surinfection. C’est le caractère persistant de la lésion qui conduit le malade à consulter.

4-La mise en évidence des leishmanies au sein de la lésion affirme le diagnostic

-les prélèvements locaux sont réalisés autour de la lésion, au niveau du bourrelet périphérique

-plusieurs techniques sont utilisées : grattage au scalpel, injection de sérum physiologique puis réaspiration, biopsie.

 

TRAITEMENT

1-La lésion cicatrise toujours spontanément

Mais après plusieurs mois d’évolution (entre 6 mois et 2 ans)

2-En cas de risque de séquelles inesthétiques

Des injections périlésionnelles de Glucantime, une cryothérapie peuvent être proposées.

Le traitement doit toujours être précédé d’une désinfection locale.

 

LEISHMANIOSE CUTANEO-MUQUEUSE

 

INTRODUCTION

La leishmaniose cutanéo-muqueuse est surtout fréquente en Amérique du Sud et Centrale.

Le pronostic vital peut être mis en jeu par délabrement du massif facial et surinfection

Le traitement médicamenteux est systématique

 

COMPRENDRE

1-L’aspect des lésions cutanées diffère peu de celles de la leishmaniose cutanée

Ce sont souvent des lésions ulcérées qui ne présentent pas de différence notable avec la forme cutanée.

2-Le risque de métastases muqueuses est caractéristique de la leishmaniose cutanéo-muqueuse

Elles peuvent survenir plusieurs mois ou plusieurs années après la lésion initiale cutanée dite " primaire ". Elles sont à l’origine de délabrements faciaux majeurs qui mettent en jeu le pronostic vital par asphyxie ou septicémies.

3-Les appellations locales sont variées

" Espundia, ulcère des chicléros… " et reflètent bien la banalité de la leishmaniose cutanéo-muqueuse dans certaines régions.

 

DIAGNOSTIQUER

1-Devant une lésion cutanée

La lésion est proche de celle décrite pour la leishmaniose cutanée voir chapitre précédent). Souvent les lésions sont humides et leur évolution plus rapide que pour la leishmaniose cutanée. Elles peuvent gagner de proche en proche les muqueuses de voisinage.

2-Devant des lésions des muqueuses de la face

A rechercher au niveau du rhinopharynx et de la bouche. Le bilan des lésions recherche les complications :

-perforation(s) des septa (cloison nasale, palais)

-obstruction de la trachée, de l’œsophage par des nodules granulomateux après atteinte du larynx, de l’oropharynx

-surinfections

3-Le diagnostic est toujours la mise en évidence des leishmanies (voir chapitre leishmaniose cutanée)

Les leishmanies sont plus difficilement mises en évidence au sein des lésions muqueuses qu’au niveau des lésions cutanées.

 

TRAITEMENT

1-Traitement médicamenteux

Il doit toujours être précédé par une désinfection locale en cas de surinfection.

Par voie générale

Glucantine (antimoniate de méglumine) ou Fungizone (amphocérine B), voir Lomidine (pentamidine). Exemple : Lomidine 3 injections de 4 mg/kg à 2 jours d’intervalle.

Par voie locale

Par infiltration périlésionnelle de 5 ml de Glucantine ou par utilisation de pommade au Glucantine.

2-Traitement chirurgical

Il consiste à réparer chirurgicalement le délabrement muqueux.

 

 

TRAITEMENT DE REFERENCE

C’est le Glucantime (antimoniate de Meglumine) par voie IM à raison de 20 mg/kg/j pendant 20 jours dans la leishmaniose cutanée et de 30 jours dans la leishmaniose viscérale et cutanéo-muqueuse