LE SIDA

 

                    

 

                                        " Y penser toujours "

 

QUELQUES CHIFFRES

Sur les 13 millions d’adultes et 1 million d’enfants infectés par le VIH en 1993, 7,5 millions de personnes vivent dans l’Afrique subsaharienne (source OMS). Ainsi l’Afrique représente 71 p 100 des cas de SIDA déclarés en 1993.

La majorité des nouvelles infections depuis 1992 se font en Afrique et en Asie du Sud-Est.

 

MODE DE CONTAMINATION

Le principal mode de contamination en Afrique est la transmission hétérosexuelle : la transmission par voie sanguine est inférieure à 10 p 100 et les pratiques rituelles (excision, scarifications) ne jouent qu’un rôle marginal.

Le nombre de femmes infectées est légèrement supérieur au nombre d’hommes, la population urbaine est plus touchée que la population rurale et on estime à plus de 800 000 le nombre d’enfants contaminés.

 

PANDEMIE DE SIDA

La pandémie de SIDA est donc inégale, les pays les plus pauvres sont les plus vulnérables, dans ces pays les femmes les plus démunies des grandes villes et leurs enfants sont les plus exposés. La toxicomanie se développe dans ces grandes mégapoles africaines.

Les possibilités de diagnostic et de soins aux malades sont limités, l’accès à la prévention difficile, ce qui à son tour aggrave le fossé des inégalités.

Il faut donc recourir à des méthodes de diagnostic et de soins adaptés aux conditions de précarité.

 

SIGNES CLINIQUES MAJEURS

En Afrique, trois signes cliniques dits majeurs sont les plus fréquents chez l’adulte :

1-la fièvre : à différencier d’un paludisme récidivant, trop vite allégué sans confirmation biologique. Elle doit faire rechercher une infection opportuniste

2-la diarrhée chronique : elle atteint 75 % des malades du SIDA en Afrique, contre 10 % en Europe. Facteur d’amaigrissement, elle peut être en rapport avec des parasites ou des bactéries (salmonelles, shigelles, cryptosporidies, Isospora) mais l’examen de selles reste souvent négatif

3-l’amaigrissement : quasi constant, a entrainé la dénomination de " slim disease " pour le SIDA en Ouganda.

L’état cachectique chez un patient jeune, femme ou homme, doit toujours faire évoquer le SIDA, d’autant qu’il s’accompagne d’une diarrhée chronique et d’accès fébriles.

A côté de ces trois signes cardinaux, mais fort peu spécifiques, on décrit des signes cliniques dits mineurs :

-la " Mwanza " : papules prurigineuses dont le grattage entraîne parfois des surinfections bactériennes ou mycosiques et évolue vers des cicatrices hyperpigmentées indélébiles qu’on chez plus de la moitié des malades du SIDA.

-la toux persistant plus d’un mois

-un herpès progressif et généralisé

-un zona récidivant

-une candidose oropharyngée

-des polyadénopathies généralisées

La présence d’une maladie de Kaposi ou d’une méningite à cryptocoque suffit à affirmer le SIDA.

Le SIDA est affirmé par l’existence d’au moins deux signes majeurs associés à un signe mineur. Cette définition est peu sensible, et chaque fois que possible il faudra confirmer le diagnostic par les tests sérologiques. Une fois le diagnostic porté, une prise en charge s’impose : annonce du diagnostic, conseil psycho-social, traitements préventifs accessibles et peu coûteux (Bactrim, Fungizone)

Même si les moyens thérapeutiques sont limités, l’accompagnement et le traitement adapté du malade s’imposent dans le respect d’une éthique du soin qui se doit universelle.