DIABETE GESTATIONNEL

 

 

 

                    DEFINITION 

 

Le diabète gestationnel se définit par la présence d’un état d’intolérance au glucose diagnostiqué pendant la grossesse en dehors de tout antécédent de diabète connu avant la grossesse.

Ces diabètes se développent plus particulièrement à partir de 24-28 semaines d’aménorrhée du fait d’une augmentation de la sécrétion de l’hormone lactogène placentaire à ce terme de la grossesse qui favorise l’insulino-résistance.

 

 

COMPLICATIONS DU DIABETE GESTATIONNEL 

 

Les diabètes gestationnels augmentent le risque fœto-maternel.

Ils sont associés à une augmentation de la prévalence :

-des prématurités

-de la mortalité périnatale

-des macrosomies (avec risque accru de dystocies des épaules ou de lésions du plexus brachial)

-des hydramnios

-maladies des membranes hyalines

-de certaines cardiopathies

-des hypoglycémies néonatales

-des ictères néonatals

 

Les diabètes gestationnels n’étant pas présent au début de la grossesse, ils ne sont pas associés à un risque accru de malformations.

Chez la mère le diabète gestationnel majore le risque d’infections (notamment urinaires), les hémorragies de la délivrance, les HTA gravidiques et les accouchements par césarienne.

Le risque de récidive d’un diabète gestationnel lors d’une grossesse ultérieure est de 50 % et le risque de développer un diabète de type 2 à distance est également très augmenté (de l’ordre de 50 % à 10 ans)

 

FACTEURS DE RISQUES 

Les facteurs de risques de développer un diabète gestationnel sont :

-un âge > à 35 ans

-la présence d’un surpoids chez la mère avant la grossesse

-des antécédents familiaux de diabète de type 2

-la multiparité qui triple le risque de diabète gestationnel par rapport à la mère primipare

Des antécédents personnels de diabète gestationnel, de fausse couche ou de mort fœtale inexpliquée, de macrosomie, d’hydramnios et d’accouchements prématurés doivent également faire rechercher un diabète gestationnel

 

DIAGNOSTIQUER UN DIABETE GESTATIONNEL 

Le dépistage est recommandé à partir de 24 semaines d’aménorrhée chez toute femme enceinte.

En cas d’obésité maternelle, d’antécédents de diabète gestationnel ou de diabète dans la famille, un dépistage est recommandé dès le 1e trimestre de la grossesse.

1-Test de O’Sullivan :

-Il consiste à ingérer 50 g de glucose à jeun, puis dosage de la glycémie 1 h après

-une glycémie < à 1,3 g élimine un diabète

-si la glycémie est égale ou supérieure à 2 g/l le diabète gestationnel est confirmé

-en cas de glycémie comprise entre 1,3 g et 2 g/l, il faut pratiquer une épreuve d’hyperglycémie provoquée par voir orale (HGPO) avec ingestion de 100 g de glucose à jeun pour confirmer ou infirmer le diagnostic. Le diagnostic est confirmé si au moins 2 mesures de glycémie veineuse sont égales ou supérieures aux seuils suivants :

HO :      0,95 g/l

A 1 H :  1,80 g/l

A 2 H :  1,55 g/l

A 3 H :  1,40 g/l

 

2-le test de l’OMS :

Il consiste à ingérer d’emblée 75 g de glucose à jeun. Le diabète est confirmé si la glycémie est > à 1,40 g/l, 2 heures après l’ingestion de glucose

 

PRISE EN CHARGE THERAPEUTIQUE 

Les mesures hygiéno-diététiques doivent être initiées rapidement. Elles permettent dans la majorité des cas d’éviter la mise sous insuline.

Elles consistent en des apports nutritionnels adaptés à la corpulence et aux habitudes de vie de chaque patiente.

Cependant les apports alimentaires ne doivent pas être < à 1600 kcal/jour chez une femme enceinte (apports recommandés : 20-30 kcal/kg/jour, même si cette dernière est obèse. Des apports plus bas pouvant être associés à une hypotrophie fœtale.

Le fractionnement des glucides est fortement recommandé en cas de diabète gestationnel et généralement très efficace. Il consiste par exemple à manger le fruit du repas, 2 heures après ce dernier si la glycémie post-prandiale est < à 1,20 g/l

 

Tous les antidiabétiques oraux sont contre indiqués en cas de grossesse en France, même si des études ont été menées avec certains d’entre eux dans cette indication. La mise en route d’une insulinothérapie (1 à 4 injections/j) est donc nécessaire si les mesures hygiéno-diététiques ne suffisent pas pour obtenir les objectifs glycémiques qui sont très stricts pendant la grossesse.