EDITORIAUX

Le N’Galaax, un lien islamo-chrétien.

 

 

Au Sénégal, la population est islamisée à 90 %. La communauté chrétienne représente 10 %. Les relations entre les 2 communautés sont respectueuses l’une envers l’autre et vivent en parfaite harmonie.

Le vendredi saint marque la mort du Christ et Pâques sa résurrection. C’est pendant cette période que l’on prépare un mets particulier : le « N’Galaax » (terme Wolof) qui faut prononcer « N’Galar ».

Cette recette est une délicieuse bouillie à base de mil, de sucre, de pain de singe (fruit du baobab) et de pâte d’arachide.

Elle est préparée en grande quantité par les familles chrétiennes et offerte aux familles Musulmanes. C’est donc un moment de partage et de dialogue avec une autre communauté religieuse. D’ailleurs les Musulmans font de même au moment de deux de leurs fêtes, l’Aïd El Kebir (Tabaski en Afrique) et l’Aïd El Fitr (Korité en Afrique marquant la fin du Ramadan) en partageant leur repas.
Il n’y a aucun rapport entre le « N’Galaax » et la religion. Ce plat, cette démarche, sont une tradition purement Sénégalaise. L’Eglise ne l’exige pas mais demande à ses fidèles de partager cet effort marquant la fin du Carême avec des gens nécessiteux.

Cette tradition qui perdure  est un bel exemple de cette harmonie de tous les jours entre Chrétiens et Musulmans au Sénégal.

Le Président de SANTE SANS PASSEPORT (24.05.2012)

 

Archives Éditoriaux

 

ARCHIVES

 

DIFFÉRENTS ÉDITORIAUX :

L'inertie, l'autre force du Sénégal…

Le "Petit Robert", cette référence de la langue Française définit  l'inertie "comme une résistance des objets pesants au mouvement qui leur est imposé". On la retrouve partout dans la vie quotidienne tant au plus profond de la brousse que dans la ville et tout autant dans l'administration que dans l'organisation du tissu social.

Elle ronge bien souvent les meilleurs volontés du monde. Il faut toujours faire preuve d'abnégation, de force, mais parfois de subtilité pour que cette résistance se voit vaincue par le mouvement qui lui est imposé. Ce n'est qu'à ces conditions que l'on peut atteindre son objectif. Le moindre relâchement est formellement interdit, car chasser le naturel, il ne fait que revenir et au galop!!!

Seul, le prophète Mahomet est capable depuis des siècles d'imposer le temps, mais c'est le temps de la prière. Alors prions pour que ce temps soit celui du quotidien…

Le Français a la montre et l'Africain devinez quoi? Le temps…

 

Les coups à l'école

Comment, un instituteur Sénégalais peut-il sanctionner un élève arrivant de manière itérative en retard en classe ? La réponse à cette interrogation : frapper l’enfant avec une croix en fer (outil de mécanicien) en lui portant des coups dans le bas du dos, devant l’ensemble de la classe et ce pendant plusieurs mois.

Par crainte et par la culture du « non dit », l’enfant de 10 ans est resté muet comme une carpe malgré la douleur. La souffrance l’a contraint à rester couché et son état physique est devenu cachectique. Le frisson vous gagne.

Mais au-delà de ce fait dramatique, la pédagogie des coups à l’école Sénégalaise, est malheureusement de pratique courante. Pourtant, la justice de ce pays envoie ses enseignants en prison lorsque des faits graves sont avérés. Il y a peu, une institutrice s’est retrouvée derrière les barreaux pour avoir crevé l’œil d’un de ses élèves avec une règle.

Ne nous érigeons pas en juge. Au contraire aidons les enseignants à trouver le chemin qui conduit à l’épanouissement de l’enfant afin qu’il devienne le centre de la pédagogie à l’école.

Mais, l’évolution sera longue tant il est difficile de faire évoluer les mentalités quand cette pratique existe depuis des lustres.

Il faut dénoncer pour mieux comprendre.

 

Le paludisme, un drame humain et économique en Afrique.
 

Le paludisme tue et tuera encore plus dans les années à venir. Rien que sur le continent Africain, on compte près de 3 millions de morts par an (supérieur à ceux du SIDA). Les grandes victimes sont les enfants âgés de 4 mois à 4 ans et les femmes enceintes qui paient le plus lourd tribut.

Au plan économique le paludisme est responsable d'une perte de croissance en Afrique de 1,3 % par an soit 12 milliards de dollars. Le paludisme est à la fois une cause et une conséquence d'une société Africaine paupérisée.

Depuis 50 ans, la référence dans le traitement est la Chloroquine utilisée larga manu et qui montre désormais ses limites. Au SENEGAL, depuis maintenant 10 ans sont apparues des résistances à la Chloroquine (50 % de résistances parasitologiques). L'OMS, dans un rapport récent, établit qu'au delà de 25 % de résistances, il faut changer de stratégie thérapeutique.

L'avenir demeure le vaccin pour terrasser l'un des derniers grands fléaux de la planète. Malheureusement, la recherche, les grandes firmes pharmaceutiques ne consacrent pas les efforts qu'il faudrait pour mettre fin à cette catastrophe humanitaire. Par mercantilisme, elles préfèrent  développer d'autres molécules pour d'autres pathologies où les royalties viendront encore grossir leurs confortables bénéfices.

Un vaccin pour quoi faire, puisque nombre de ces pays sont insolvables! Les Africains peuvent continuer de "crever" dans l'indifférence. Pourtant, chacun se donne bonne conscience…

 

Africaines, restez noires !
 

Au Sénégal, et dans la langue Wolof, c’est le « khessal » ou dépigmentation de la peau. En clair, si l’on ose, on blanchit sa peau noire.

Ce phénomène qui prend parfois des allures de mode sévit dans de nombreux pays Africains et croît de manière exponentielle. Halte ! car les dégâts cutanés engendrés par la dépigmentation sont définitifs et graves (vergetures, infections,  potentialité de développer un cancer de la peau).

Au fin fond de la brousse et à un degré moindre par rapport à la femme citadine de Dakar ou de St Louis, on achète ces crèmes, dont la composition n’est même pas mentionnée et en vente libre sur les nombreux marchés locaux.

Au village, c’est parfois une véritable épidémie. La femme, souvent jeune, gagnée par « le virus de la peau blanche » contamine rapidement les autres et devient vite la référence. Cette frénésie est synonyme de prosélytisme.

On blanchit sa peau mais l’estomac reste vide ! En effet, toutes ces crèmes ont un coût élevé et on dilapide encore plus le maigre budget de la famille dans un pays comme le Sénégal où 30 % de la population vit en dessous du seuil minimum de pauvreté (2 dollars/jour/personne).

Femmes Africaines, soyez fières de votre négritude. Restez ce que vous êtes, car quoique vous fassiez à votre peau, votre âme restera celle de votre continent : l’Afrique noire.

 

L'esprit et le corps.

Au Sénégal, comme dans tous les autres pays musulmans,  le Ramadan qui est le 9e mois du calendrier islamique et le 4e  des 5 piliers de la religion musulmane, est un mois particulier.

Au plan spirituel, c'est un temps consacré à une réflexion intérieure, à la dévotion envers Dieu et à la maîtrise de soi.

A cette dimension spirituelle, s'ajoute pour chaque musulman, du lever au coucher du soleil, l'obligation de s'abstenir intégralement de boire, de manger, de fumer et d'avoir des relations sexuelles.

Le jeun est donc une contrainte imposée au corps par l'esprit. Cette privation notamment d'eau et de nourriture n'est pas dangereuse à condition que la personne  soit en bonne santé. Malheureusement, tous les musulmans ne sont pas égaux devant le jeun. Au Sénégal, pays du tiers monde, l'état de santé de la population prend ça et là des allures de catastrophe car 30 % des Sénégalais vivent en dessous du seuil minimum de pauvreté (2 dollars /jour) et 1/3 des Sénégalais ne disposent pas de 2400 Kcal/jour (norme de la FAO). La malnutrition est constante et induit des désordres biologiques importants. Tous les organismes sont fragilisés.  De plus les températures oscillent en ce mois d'octobre  qui marque la fin de la saison des pluies entre 35° C et 45° C.  Pour nombre d'entre eux, il faut réellement se poser cette question : Le Ramadan s'impose-t-il?

Oui, au Ramadan mais pas à n'importe quel prix car bon nombre de Sénégalais vont le payer cash et sans le savoir. Seul Allah pourra compter les siens mais la détresse sera  bien là et  restera dans les  cœurs comme dans les âmes.

 

Le Choléra : la maladie des pauvres
 

C’est la maladie des pauvres. En cette année 2005, le Sénégal doit faire face à une épidémie qui prend parfois des allures de tragédie.

Les  chiffres font apparaître  25 000 cas dont près de 400 décès. Ces chiffres officiels sont sans doute en deçà  de la réalité car il n’existe aucune structure épidémiologique de veille sanitaire.

Cette épidémie a pris naissance au mois de mars dans la ville de Touba, haut lieu de la confrérie des Mourides où chaque année des milliers de pèlerins se rassemblent pour leur Magal. C’est tout le Sénégal qui se déplace dans cette ville. L’eau potable de cette ville était contaminée par le vibrion cholérique. Les pèlerins pendant la durée de leur séjour ont été contaminés. Dès  leur retour dans leurs villages le choléra s’est répandu comme une traînée de poudre. Les inondations importantes notamment à Dakar à cause d’une pluviométrie importante au cours de l’hivernage ont relancé l’épidémie.

La recherche mondiale ne s’intéresse nullement à cette pathologie car en aucun cas le tiroir caisse ne pourra fonctionner !!

Pourtant une équipe Française dirigée par Jean-Michel Fournier de l’Institut Pasteur de Paris travaille avec abnégation sur la mise en point d’un vaccin. Malheureusement, il n’est pas pour demain.

Mais le travail de cette équipe Française vient d’être récompensé par la mise au point  d’une bandelette réactive qui permet désormais un diagnostic rapide du choléra en 15 minutes. Ce procédé  qui devrait être commercialisé en 2006 permet un progrès considérable dans la précocité du diagnostic au plus profond de la brousse.

En attendant le vaccin, il est du devoir de chacun d’intensifier le travail de prévention. Ce travail de prévention est axé sur la lutte contre le péril fécal, la formation des personnels de santé et à l’éducation des populations à l’hygiène individuelle et collective.

SANTE SANS PASSEPORT lors de chaque mission travaille dans ce sens avec acharnement.

 

 Pas d’aide sans formation

Les images télévisées ou les voyages dans les pays en voie de développement entraînent des élans de générosité directs ou par le biais d’ONG. Mais ces dons ponctuels risquent fort de se perdre dans « un tonneau des Danaïdes » si dans le même temps il n’y a pas de formation des autochtones, quelque soit le domaine : santé, agriculture, enseignement etc…L'investissement doit se faire dans les hommes et comme l’a dit Confucius « il vaut mieux apprendre à pêcher que de donner du poisson »

Cela est encore plus vrai dans le domaine de la santé. A quoi bon construire un dispensaire, une case de santé, etc… si les personnels de santé ne sont pas en mesure d’en assurer la maintenance ? A quoi bon apporter des médicaments si sur place comme au Sénégal la formation des infirmiers ne leur permet pas une prescription adaptée à la pathologie. Un exemple parmi tant d’autres qui illustre bien ces graves lacunes : la prescription larga manu d’Extencilline (antibiotique dont la durée d’action est de 3 semaines) dans les affections dermatologiques. Or, la seule indication de cet antibiotique est le rhumatisme articulaire aigu pour éviter toutes complications cardiaques !!!! Chacun croit faire pour le mieux mais continue de persévérer dans l’erreur.

La formation doit être la clé qui permet l’amélioration de la santé des populations. Elle doit s’appuyer sur une pédagogie délivrant les connaissances nécessaires. Mais il faut aussi développer des programmes de santé publique associant les populations qui seront le meilleur gage de réussite en matière d’alimentation, d’hygiène individuelle et collective. Ces programmes de santé publique permettront déjà d’éliminer un certain nombre de pathologies.

Les progrès en matière de santé ne peuvent se concrétiser que par ce travail qui doit mobiliser toutes les énergies.

Donner oui, mais former c’est encore mieux.

 

Le Dakar : une arrogance pour l'Afrique

Cette 29e édition du DAKAR avec un budget de 13 millions d'euros gifle encore un peu plus cette année les Africains. Il correspond a un peu plus de 8 milliards de CFA (monnaie des pays de l'Afrique de l'Ouest).

Pour bien comprendre le poids de cet argent, il faut savoir qu'au Sénégal, pays classé dans les 40 pays les moins avancés du monde, le salaire moyen est de 40 000 CFA. Que dire du Niger lorsque le DAKAR en fait son itinéraire, notamment en traversant le désert du Ténéré? Ce pays est le plus pauvre du monde où 2 personnes sur 3 vivent sous le seuil de pauvreté (2 dollars par jour) et 35 % de la population sous le seuil de l'extrême pauvreté. Quel cynisme que cet affichage dans un continent où la misère ne cesse de croître.

L'Afrique sert de prétexte et devient un vaste terrain de jeux pour assouvir les passions de quelques occidentaux fortunés incapables d'imaginer les réalités. Leur plaisir ne pourra jamais cacher la détresse de tout ce continent.

Oh! les organisateurs mettent bien ça et là quelques actions humanitaires! Sans doute une  façon de se donner une bonne conscience afin  de s'affranchir des sommes colossales englouties dans un but essentiellement ludique. Même la mort  l'an passé de 2 enfants Africains n'avait pas entraîné beaucoup de compassion du vainqueur, le Français Luc Alphand : "Ça ne va pas gâcher ce que je ressens, ce que j'ai accompli." Déclaration faite au quotidien  sportif Français L'Equipe.

Cette édition 2007 se termine. Dans le même temps s'ouvre à Nairobi au Kenya le 7e forum social mondial réunissant les alter mondialistes.

Cela changera sans doute peu de choses car demain l'Afrique continuera de se battre non pas pour vivre mais pour survivre et certains continueront à "s'éclater" égoïstement à coups de millions d'euros et à toute vitesse…

 

Le masla : le silence de la vérité.

Il n’est pas aisé de définir d’une manière précise le masla. Si La langue officielle au Sénégal est le Français, la langue Wolof est parlée par 80 % de la .population. Le masla est une expression Wolof qui peut se traduire par la complaisance, le non dit, la tendance à tolérer l’injustice pour maintenir l’illusion de la paix, le refus de sanctionner et d’affronter la vérité.

Mais ce n’est qu’une définition car le masla au quotidien est une manière de vivre, de penser,  de se comporter et peu d’individus le remettent en cause car il plait à chacun. Il est plus facile d’être lâche que d’affirmer la vérité.

Au contraire c’est le règne de l’hypocrisie des rapports humains où dire la vérité est presque une faute. La vérité fait peur même si c’est en en totale  contradiction  avec la religion musulmane pratiquée à 90 % par la population.

Confronté à la vérité on la contourne par le mensonge qui reste la planche de salut.

Comme l’a écrit Abdou Latif Gueye : « on fait ce que l’on ne croît pas et on croît à ce que l’on ne fait pas. »

La croyance aux « esprits » est bien présente et l’on s’abstient de dire la vérité par crainte qu’un mauvais sort ne soit jeté par les personnes dénoncées ou leur famille. Des fautes, des négligences monumentales aux conséquences parfois dramatiques ne sont pas dénoncées. Au contraire elles sont vite oubliées sous le voile du masla. Traduire un compatriote en justice, c’est l’humilier et salir le nom de sa famille.

Le masla est « héréditaire ». Il se transmet de génération en génération. Il fait partie de l’éducation de l’enfant dès son plus jeune âge.

Le masla est culturel et bien illustré par ce proverbe Wolof : « un mensonge qui réconcilie une famille vaut mieux qu’une vérité qui la divise. »

Une société ouverte sur  la vérité ne peut être qu’un gage d’évolution des rapports humains. Malheureusement la société Sénégalaise n’est pas prête à se débarrasser du masla.

 

L'union de la souffrance et de l'ignorance.

Elle demeure au Niger mais aurait pu habiter le Sénégal, le Mali ou le Cameroun. Elle a 11 ans, le regard triste, les yeux remplis de chagrin et un cœur qui saigne. Elle n’a pas encore atteint l’âge de la puberté, sa silhouette est celle d’une enfant et pourtant elle est mariée depuis 15 jours. Son mari a 19 ans et lui déjà imposé 10 rapports sexuels.

Un exemple parmi tant d’autres du mariage forcé où le père de la fillette fait le choix de son mari….Nous sommes dans un autre temps ou plutôt le temps de l’Afrique où le mariage forcé même, si il est en recul, demeure réel.

 Au Niger, un des pays les plus pauvres du monde, le mariage forcé est interdit par la loi. En effet, l’article 44 du code civil interdit le mariage avant l’âge de 18 ans pour le garçon et 15 ans pour la fille. Mais l’application de la coutume prend le pas sur la loi car le mariage est l’affaire de la famille ou de la communauté, le consentement des concernés n’ayant aucune importance. Quant au droit musulman (le pays est islamisé à 95 %), il rend nécessaire le consentement des futurs époux. Toutefois, le père peut, dans l’intérêt des enfants et en particulier de la jeune fille, proposer un conjoint de son choix.

 Les chiffres donnent le tournis. L’UNICEF dans son rapport de décembre 2005 précise qu’au Niger 77 % des femmes âgées de 20 à 24 ans se sont mariées avant l’âge de 18 ans. Cependant cette proportion atteint 86 % en milieu rural contre 46 % en zone urbaine. De même, Amnesty International, dans un rapport publié le 5 janvier 2005 estimait à 70 p. 100 le pourcentage des filles âgées entre 15 et 19 ans déjà mariées au Niger, et à 82 % celui des femmes mariées avant l’âge de 18 ans

 L’obscurantisme, le poids des traditions, la religion fédèrent une société qui ne pourra évoluer que grâce au développement. Mais ce développement passe par une émancipation des idées. Le chemin sera très long car 2 Nigériens sur 3 sont analphabètes, et seulement 23 % de la population est scolarisée. La liberté de chacun dans un pays pauvre ne peut s’acquérir que par le savoir. Liberté je crie ton nom !

 Pour conclure, cette fillette du Niger de 11 ans a trouvé un dénouement heureux à ce drame vécu par tant autres fillettes de son âge. Son calvaire ne dura que quelques semaines. Elle a été aidée et le divorce prononcé. Son mari et la famille de celui ci sont partis du village. Elle vit désormais chez sa tante. Son sourire illumine son visage et désormais elle est libre de son destin.

 

Le gâchis des cérémonies au Sénégal.

Vous n'êtes  jamais allé au Sénégal, soit. Imaginez que l'on vous bande les yeux pour vous y rendre mais on vous cache votre destination. On vous laisse dans un village au beau milieu d'une cérémonie (baptême, mariage ou même sépulture). Vous découvrez une foule importante, des victuailles sans compter, les femmes couvertes de bijoux pour la plupart en or, leur coiffure rivalise d'imagination, les boubous multicolores plus beaux les uns que les autres. Les hommes comme les enfants ne sont pas en  reste. Tous ces signes extérieurs de richesse vous font penser que vous êtes dans un pays riche. Eh bien non,  il est de temps de vous révéler que cette cérémonie se déroule au Sénégal, pays classé dans les 40 pays les plus pauvres du monde selon le dernier rapport du PNUD (Programme des Nations Unies de Développement) pays où 60 % de la population vit sous le seuil de pauvreté ( 2 dollars / jour soit 915 CFA)

Ces pratiques liées à une tradition bien ancrée dateraient du temps où on donnait, à la mesure de ses moyens, des cadeaux à la maman, aux frères et sœurs du mari pour raffermir les liens entre les deux familles. Les temps ont bien changés….

Les mariages et les baptêmes sont de véritables entreprises car elles génèrent des dépenses mais produisent de substantielles recettes du fait des dons, soutiens reçus des proches et des invités. D'ailleurs les rivalités entre femmes sont au paroxysme. Il faut être la plus belle, la mieux vêtue et faire le plus beau cadeau pour attirer le regard et l'admiration des autres .

L'exemple le plus frappant est le baptême qui est en réalité l'occasion pour le père, d'honorer la mère et l'enfant et à travers elle, la grand-mère et les tantes maternelles. La manière dont le père va organiser la cérémonie est un véritable test conjugal. Plus le mari fait une grande fête plus il est supposé prouver le respect et l'attachement qu'il porte à son épouse. Les femmes du clan maternel sont très attentives et exercent de véritables pressions sur le mari pour que la cérémonie soit comme elles le désirent et échapper ainsi à l'humiliation. Le pouvoir dans ces cérémonies appartient aux femmes qui pour satisfaire la rivalité qui existe entre elles contraignent le mari à mettre la main au portefeuille.

La cérémonie du décès est érigée maintenant en une tribune de folie de grandeur. Il faut tuer un mouton, un bœuf, et même donner de l'argent ou encore une séance d'éloges.

Depuis peu, une autre cérémonie vient de voir le jour qui se développe à une vitesse exponentielle. On organise une cérémonie pour le retour du pèlerin du Hadj (pèlerinage à la Mecque).. C'est de nouveau une orgie alimentaire et le pèlerin  annonce au micro les cadeaux qu'il  a rapportés en citant nommément les heureux bénéficiaires!!!!

Dans le quotidien des Sénégalais, la pauvreté est visible aussi bien en milieu urbain qu'en milieu rural. Des sommes énormes sont dépensées lors de ces cérémonies bien étrangères la pratique de la religion Musulmane qui n'impose pas de tels gâchis ni démonstrations de richesse.  Les populations épargnent de l'argent ou font de très gros crédits pour tout dilapider en une seule journée. Le lendemain, elles retrouvent leur pauvreté,  et leur dette à rembourser… Alors, se soigner, acheter les fournitures scolaires aux enfants scolarisés, etc…, on n'y pense même pas!!!!

Le ministre actuel de la famille, N'Dèye Khady Diop, a annoncé une réforme de la loi du 24 février 1967 qui réglemente de manière stricte les dépenses à l'occasion de ces cérémonies en prévoyant des montants maximum à ne pas dépenser. En exemple, pour un baptême : un seul mouton, 10 000 CFA (15 €) et des horaires précis. Malgré sa pertinence dans son esprit, cette loi n'a jamais reçu d'application au Sénégal du fait de sa méconnaissance mais surtout de son inadaptation au contexte socio-culturel.

Mais une loi n'a jamais transformé une société car c'est la société qui se transforme d'elle même par la pédagogie, la sensibilisation…et l'ouverture aux autres. Peut être une lueur d'espoir car on commence à constater une prise de conscience chez certains Sénégalais qui lors d'une cérémonie limitent au strict minimum les dépenses. Mais une telle décision n'est pas anodine car elle comporte un revers qui est parfois terrible.

 En effet, en s'émancipant de cette tradition sociale ces "pionniers" le paient dans l'immense majorité des cas au prix fort car la famille va les diaboliser, leur faire subir la honte en les montrant du doigt et rompre le lien social de la famille. Pour d'autres, ne pas participer à ces cérémonies, c'est se ridiculiser. 

Dur, dur de vouloir casser "un code" de famille qui fait force de loi dans ce pays qu'est le Sénégal!!!!

 

La Tabaski (Aïd El Kébir)  au Sénégal : La plus grande fête « païenne »  Musulmane!

L’Aïd El Kébir appelé Tabaski sur le continent Africain représente la plus grande fête de la religion musulmane. Son pendant dans la religion catholique est Noël.

Au plan spirituel, elle correspond en la foi d’Abraham en Dieu. Dieu avait demandé à Abraham de sacrifier son fils Ismaël en le tuant afin de lui prouver sa foi en lui.

S’apprêtant à égorger son fils avec un couteau, Dieu, convaincu de l’allégeance d’Abraham envers lui épargna son fils. Abraham prit un bélier et l’offrit en holocauste à la place de son fils.

L’important lors de cette grande fête est le sacrifice du mouton. La perpétuation de cet acte est plus qu’essentiel dans la religion Musulmane. Le sermon de l’Imam le jour de la Tabaski rappelle le sens même du sacrifice et qu’en ce jour, le Musulman doit faire plaisir à ses proches, notamment les enfants, aller rendre visite à la famille, aux amis, soutenir les veuves, les orphelins et les indigents. Le Musulman qui n’a pas les moyens financiers pour célébrer cette fête doit simplement s’associer spirituellement au geste d’Abraham.

Cette fête devrait être surtout celle de l’humilité. Mais l’hypocrisie de la société Sénégalaise rend hommage avant tout à l’intérêt quand arrive le jour de la Tabaski car elle est celle de toutes les extravagances.

Des semaines avant cette fête, les chefs de famille sont soumis de la part des femmes à une terrible pression afin qu’ils trouvent l’argent pour cette fête religieuse. Elle se transforme en orgie alimentaire avec tous ses fastes allant des habits neufs, la séance chez le coiffeur et l’achat des bijoux. C’est la guerre du bélier !! Il faut acheter le plus gros, mais surtout le montrer aux voisins pour les épater. Et pourquoi pas créer un championnat du plus gros bélier quartier par quartier !!!!

En fait, la Tabaski est devenue un baromètre social important. Avec elle, on devine aisément le niveau social d’une famille. Elle a été complètement dévoyée. Ce qui devrait être un moment de partage et de compassion est un moyen d’afficher sa « cote à la bourse des valeurs sociales » d’une société où le paraitre est devenu une règle. Mais tout ce qui brille n’est pas or !

Le lendemain de la Tabaski le réveil est dur !! Les caisses sont vides….pas d‘argent pour rembourser ses dettes…. pas d’argent pour se soigner….pas d’argent pour les fournitures scolaires….Mais Inch’Allah

D’ailleurs bien peu sont les Sénégalais capables d’expliquer la signification de cette fête. La réponse donnée le plus souvent est : c’est la fête du mouton…

 

Retour de la Mecque : Entre ripailles et festivités !

Le pèlerinage à la Mecque (Arabie Saoudite) est le 5e pilier de l’Islam et chaque musulman en rêve. Il devient un impératif pour ceux qui le peuvent. Pour d’autres, moins nantis, faires des économies pour s’y rendre est une nécessité impérieuse. Certains même, plus chanceux gagnent leur billet grâce à des tirages organisés dans le pays !

Le « N’Ganalé », terme Wolof, signifiant les festivités du retour des pèlerins de la Mecque est devenu au Sénégal un phénomène social en contradiction même avec la religion musulmane. Le Coran a laissé sa place à l’argent…on mêle fête et affaires en tous genres !

Peu de gens dans la société Sénégalaise respectent la spiritualité de cet évènement en restant dans l’orthodoxie et en se limitant au strict minimum.

Jadis, réputé pour son aspect sobre et discret, le N’Ganalé se déroule maintenant dans le faste.

Entre les cérémonies organisées au départ comme au retour d’Arabie Saoudite, l’achat des cadeaux pour les parents et les amis, les Sénégalais peuvent dépenser des sommes faramineuses pour un seul pèlerin. Ce sont les femmes Sénégalaises qui sont généralement accusées d’être à l’origine de cette dérive.

Le retour de la Mecque commence en fait avant le départ ! En effet, avant le départ, le pèlerin rend visite à sa famille et ses amis pour « des séances d’au revoir ». Un excellent prétexte afin de recevoir de l’argent. En échange de cette générosité, le pèlerin est dans l’obligation d’acheter à chacun de ses donateurs un cadeau estampillé « La Mecque » : Encens, foulard, chapelet, nattes pour la prière, bonnets…. Le donner-recevoir en Wolof c’est le « N’Dawtal ». Certains pèlerins achètent même leurs cadeaux à Dakar laissant croire qu’ils ont été achetés sur les lieux saints !!!!

Au retour, la fête avec les tams-tams bat son plein dans la famille du pèlerin. Des repas gargantuesques sont organisés entrainant des dépenses ahurissantes. Tous les parents et les proches sont invités. Le pèlerin remet ses cadeaux individuellement avec bien souvent une annonce au micro ! La belle famille est présente. C’est une excellente opportunité pour l’épouse du nouveau « Hadj » (celui qui a été à la Mecque) de démontrer sa « force » et de faire bénéficier de ses largesses sa belle famille. C’est le « Yébbi », expression Wolof qui signifie offrir des cadeaux (argent ou tissus) aux belles-sœurs et beaux parents. C’est un devoir au risque de devenir la risée de sa belle famille !!

C’est l’art du "voyez moi" et du gaspillage.

On attend le retour du pèlerin d’Arabie Saoudite avec impatience et pour cause ! Chacun joue sa partition « made in Sénégal ». On ne laisse aucune occasion de festoyer, parader, se montrer, rivaliser de générosité calculée et de sacralité sans lendemain. Pratique légitime ou cruelle vanité, chacun jugera.

 

La polygamie en chute libre au Sénégal.

logoLe Sénégal, ancienne colonie Française est indépendant depuis 1960. Il est classé dans les 50 pays les plus pauvres du monde (154e sur 187 pays). La moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté (2 dollars/jour soit 1170 CFA). Le pays est islamisé depuis le  11e siècle. La religion musulmane représente 95% de la population et les chrétiens 5 %.

La polygamie qui autorise jusqu’à 4 femmes est un droit donné par le Coran à tout musulman qui le désire à condition que le temps partagé, l’argent soient équitablement répartis entre les épouses.

Or, l’agence nationale de la démographie et de la statistique du Sénégal note dans sa dernière enquête datant de 2014 une importante chute de la polygamie. En effet,  35 % des hommes sont polygames. Le pourcentage de femmes en union polygame est de 44 %. Les raisons de cette chute sont multiples. Tout d’abord l’arrivée de l’internet dont le Sénégal s’est approprié rapidement l’usage (cyber café). Il a permis à la société sénégalaise de s’ouvrir vers le monde passant de l’autarcie d’une société organisée autour de l’Islam à une ouverture vers le monde. D’autre part l’économie est  une économie de survie où la pauvreté s’accroit (50 % des Sénégalais vivent sous le seuil de pauvreté) ce qui ne permet pas une épouse supplémentaire.

Le Sénégal évolue même si la religion musulmane continue de structurer la société et son  mode de vie. La jeune génération est moins assidue que son ainée au rite des 5 prières/jour, la pratique du ramadan est souvent écourtée, le concubinage a fait son apparition et l’agence de la démographie a recensé 3350 Sénégalaises vivant en union libre qui est condamnée par les religieux la considérant comme un adultère. Il y a encore 15 ans une femme ayant atteint la trentaine et non mariée était montrée du doigt. On note un nombre croissant de femmes célibataires et qui ne sont plus en marge de la société. Cette société patriarcale s’émancipe peu à peu  malgré le frein des Imans et Oulémas Sénégalais.

Le Président de SANTE SANS PASSEPORT  27.01.2015