BILHARZIOSES

 

 

 

                                       DEFINITION

Affections parasitaires dues à des vers, les bilharzies ou schistosomes.

 

EPIDEMIOLOGIE

Cinq espèces schistosomes peuvent parasiter l’homme :

-Schistosome haematobium

-Schistosome mansoni

-Schistosome intercalatum

-Schistosome japonicum

-Schistosome mékongi

Dans tous les cas, le cycle parasitaire fait intervenir un hôte intermédiaire, mollusque vivant dans les eaux douces, qui permet la maturation des larves de schistosomes et leur libération dans le milieu aquatique. L’homme s’infeste par simple contact avec les eaux douces (lacs, rivières, mares, fleuves), car le parasite peut à ce stade traverser la peau saine.

Après, un cycle complexe dans l’organisme, les vers adultes se développent chez l’homme dans le système circulatoire. La pathologie clinique est liée à la ponte des œufs qui migrent à travers les parois digestives, vésicales, génito-urinaires ou s’embolisent dans le foie, plus rarement dans les vaisseaux pulmonaires.

Plus de 300 millions de personnes sont touchées par la maladie. La répartition des foyers de bilharziose est liée aux contacts entre l’homme et les douces contaminées. Les modifications du milieu naturel, en particulier la construction des barrages, de nappes d’eau, de système d’irrigation peuvent conditionner d’importantes migrations de population et le développement des nouveaux foyers de bilharziose.

 

DONNEES CLINIQUES

La phase de primo-infection est très rarement détectée chez les sujets originaires de la zone d’endémie car la contamination est souvent précoce dès l’enfance et peut être inapparente. Chez les sujets expatriés, elle peut se traduire par de la fièvre, des manifestations allergiques, des signes respiratoires ou allergiques. Cette phase de migration larvaire s’accompagne d’une hyperéosinophilie élevée.

A la phase d’état, la symptomatologie est souvent absente. Certaines localisations (bilharzioses urinaires) s’accompagnent en revanche de signes très évocateurs (hématurie).Les complications tardives relèvent des lésions tissulaires inflammatoires puis scléreuses autour des œufs de bilharzies dans les tissus (voies urinaires, tube digestif, foie). Les atteintes hépatospléniques ou urétéropyéliques peuvent se compliquer d’hypertension portale ou d’insuffisance rénale.

L’examen clinique est normal dans les formes non compliquées. En cas d’atteinte hépatique ou hépatosplénique, un gros foie et une grosse rate sont fréquents. Le diagnostic parasitaire repose avant tout sur la mise en évidence directe des œufs de schistosomes, dans les selles (tous schistosomes) ou dans les urines (schistosome haematobium).

 

TRAITEMENT

Les schistosomicides modernes sont actifs en une prise unique :

-le praziquantel (Biltricide) est actif sur tous les schistosomes à la posologie de 40 mg/kg

-l’oxamniquine (Vansil) n’agit que sur schistosome mansoni (15mg/kg)

Les autres antibilharziens sont peu utilisés.

-le niridazole (Ambilhar) est assez mal toléré.

-le metrifonate (Ambilhar) n’est actif que sur schistosome haematobium. Bon marché il peut être utilisé en traitement de masse, mais nécessite 2 prises à 15 jours d’intervalle.

 

PREVENTION

Le vaccin antibilharzien attendu de longue date n’est toujours pas au point. La prévention passe avant tout par l’éducation sanitaire, la protection des eaux douces des déjections humaines (selles, urines) et l’abstention des contacts humains avec les eaux contaminées. La lutte contre les mollusques vecteurs est difficile (molluscicides).

N.B. : Le foyer le plus important de bilharziose au monde se situe au Sénégal, à Richard Toll, ville à environs 90 kms au Nord-Est de St Louis.