LIMBO CONJONTIVITE DES TROPIQUES


 

 

C’est une kérato-conjonctivite chronique, d’étiologie allergique :

-poussières

-pneumallergènes

 

Il y a une relation entre LCT et parasitoses intestinales. Il faut donc prescrire systématiquement un anti-parasitaire à visée intestinale.

Elle est particulièrement répandue en Afrique intertropicale.

Toujours gênante, elle peut entraîner des complications cornéennes graves, susceptibles d’évoluer vers la cécité.

Dans les pays à forte prévalence de trachome, elle est souvent confondue avec lui.

 

EPIDEMIOLOGIE

C’est l’apanage des régions chaudes, humides et poussiéreuses

C’est une affection de l’enfant et de l’adolescent à prédominance masculine.

Elle débute le plus souvent entre l’âge de 2 ans et 15 ans et évolue cycliquement.

Elle représente au Sénégal environ 6 % de toutes les affections oculaires.

 

QUELQUES POINTS D’ANATOMIE

La tunique externe de l’œil est constituée par la sclérotique sur la majeur partie du globe oculaire et la cornée transparente en avant.

Dans sa portion convexe, chaque paupière comporte une armature fibreuse constituée par les tarses. Ce sont 2 lamelles en forme de croissants de 10 mm de hauteur pour la supérieure et de 5 mm pour l’inférieure.

La zone de transition entre cornée et sclérotique au voisinage de la membrane musculo-vasculaire porte le nom de limbe. Il s’encastre dans une rainure creusée au bord antérieur de la sclérotique. Sa surface externe est recouverte par la muqueuse conjonctivale dont l’épithélium est en continuité avec celui de l’épithélium de la cornée.

 

CLINIQUE

1-Les signes fonctionnels :

Ils sont intenses

-prurit oculaire qui domine les signes

-larmoiement

-photophobie

 

L’acuité visuelle est conservée au début.

 

2-L’examen :

L’éversion des paupières montre 4 stades :

Stade 1 :

Il est peu évocateur. Atteinte bilatérale, sécrétion filante au niveau de l’angle interne, hyperhémie bulbaire. On observe une conjonctivite tarsale succulente parsemée de quelques papilles.

Stade 2 :

Le prurit est intense

. La conjonctivite bulbaire présente chez les mélanodermes une pigmentation et un épaississement dans l’aire de la fente palpébrale et au niveau du limbe. La conjonctivite tarsienne est le siège du classique pavage papillaire. Les secrétions sont claires et mousseuses.

Stade 3 :

La photophobie importante provoque une occlusion palpébrale. Le larmoiement est presque permanent.

L’épaississement conjonctival limbique s’accentue, siège sur 360° et sur cette couronne gris marron apparaissent des petites tâches jaunâtres calcifiées : les grains de Trantas.

La coexistence d’une kératite micro ponctuée est quasi constante, origine probable de la photophobie.

Enfin, au niveau de la conjonctive tarsienne supérieure, les papilles sont exubérantes, rugueuses, en « choux-fleurs » pouvant entraîner un faux ptôsis.

Photo : Dan Giraud

 

Stade 4 :

C’est celui de l’envahissement cornéen et de l’atteinte visuelle., Le voile vasculo-fibreux progresse à partir du limbe de façon centripète, jusqu’à la zone optique de la cornée et souvent couvert d’un dépôt pigmentaire. Les lésions palpébrales diminuent d’épaisseur.

Les complications :

-ulcération cornéenne évolutive, surinfectée

-kératite sclérosante annulaire, plus rare

                        

Photo : Dan Giraud

 

 

EVOLUTION

Elle est chronique, émaillée de rechutes jusqu’à la période post pubertaire qui voit la guérison de l’affection au prix de séquelles :

-soit banales (pigmentation de la conjonctive limbique)

-soit leucomateuses avec atteinte de l’acuité visuelle

 

TRAITEMENT

Connaissant le pronostic favorable à long terme, le traitement aura 2 objectifs :

1-soulager le patient en atténuant la photophobie (souvent invalidante) et le prurit

2-éviter les complications cornéennes et la surinfection, afin de conduire sans écueil l’enfant jusqu’à l’involution spontanée de la maladie à la fin de l’adolescence.

Le traitement peut être codifié de la manière suivante :

1-Traitement parasitaire qui est systématique :

-Mébendazole 1 comp le matin et le soir pendant 3 jours. A renouveler 15 jours après.

2-Stade 1 et 2 :

a)-Par voie générale :

Cétirizine  (Zyrtec, Virlix) 1 comprimé/j pendant 7 jours.

b)-Localement :

-Naaxia 2 gouttes matin, midi et soir dans chaque œil jusqu’à rémission complète des signes locaux (prurit, larmoiement, photophobie)

3-Stade 3 et 4 :

Il est exclusivement local par les corticoïdes.

-Par exemplle Chibro-Cadron :

1 goutte dans chaque œil, 4 fois/j matin, midi, soir et au coucher pendant 1 semaine

1 goutte dans chaque œil 3 fois/j matin, midi et soir pendant 1 semaine

1 goutte dans chaque œil 2 fois/j matin et soir pendant 1 semaine

1 goutte dans chaque œil le matin pendant 1 semaine