HTA ET GROSSESSE


 

 

                         DEFINITION

-10 % des femmes enceintes présentent au cours de la grossesse des chiffres tensionnels supérieurs à 14/9
-la moitié d’entre elles sont atteintes d’HTA essentielle, l’autre moitié d’une toxémie gravidique c’est à dire d’une HTA d’origine placentaire.
-toutes doivent bénéficier d’une étroite surveillance
-une HTA essentielle peut évoluer vers une toxémie gravidique

TOXEMIE GRAVIDIQUE : UNE MALADIE DU PLACENTA

L’HTA révèle une maladie du placenta. En effet, par cette HTA l’organisme maternel tente de compenser une mauvaise perfusion du placenta pour protéger le fœtus.
Le problème n’est pas de soigner l’HTA (il est peut être même préférable de la respecter) mais d’éviter à la mère et l’enfant la survenue de complications.
Elle reste une cause importante de mort et de complications materno-fœtales. Il faut savoir la distinguer de l’HTA essentielle. Elle est souvent préexistante mais pouvant être révélée ou découverte par la grossesse.

LE DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL

Le diagnostic différentiel s’établit entre l’HTA essentielle et la toxémie. Il va conditionner l’essentiel de la conduite à tenir.

La définition des désordres hypertensifs survenant au cours de la grossesse amène à distinguer plusieurs types d’atteintes.

1-L’hypertension artérielle gravidique (HTAG) :

Elle se définit comme une HTA (PAS > 140 mm Hg et ou PAD >90 mm Hg) isolée, sans protéinurie apparue à partir de la 20e semaine d’aménorrhée.

2-La toxémie gravidique :

Elle ne s’exprime généralement à partir de la 20e semaine d’aménorrhée. Elle associe une HTAG à une protéinurie > à 300 mg/j ou > à 2 croix. Dans certains cas la protéinurie peut manquer initialement. Il est licite de suspecter une pré-éclampsie devant une HTAG associée à l’un ou l’autre des signes suivants :

-œdèmes d’apparition brutale ou rapidement aggravés (doigts, visage, prise de poids rapide)
-uricémie > à 350 umol/l
-retard de croissance in-utéro

VIGILANCE ET REPOS

La découverte d’une toxémie gravidique fait redouter des complications du 3e trimestre : crise d’éclampsie, mort fœtale , CIVD, hématome rétro-placentaire et déclenche le seul traitement possible qui est la césarienne en urgence.

Le repos est dans la majorité des cas le seul traitement susceptible de prévenir ou retarder les complications
La surveillance clinique, outre la TA, le poids, la recherche d’œdèmes (mais et face), elle nécessite des examens complémentaires réguliers (monitoring, échographies, hospitalisation)

TRAITEMENT

-Le régime alimentaire est normalement salé.
-Il n’est instauré que si la TA devient menaçante pour la mère : > 16/9
-Les diurétiques et les inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC) sont contre-indiqués.
-la baisse des chiffres tensionnels doit être progressive

1-Anti-hypertenseurs centraux : en première intention

-Clonidine (Catapressan) Comprimé à 15 mg et ne pas dépasser 4 comprimés/j.
-Méthyldopa (Aldomet) Comprimé à 250 mg. Ne pas dépasser 1,5 g/j

2-Les Beta-bloquants : Ils sont peu efficaces chez les sujets de race noire

3-Les inhibiteurs calciques : Leur efficacité est sans conteste. Malheureusement leur coût interdit leur utilisation en Afrique.

-Nicardipine (Loxen). Comprimé à 20 mg. La posologie maximum est de 90 mg répartie en 3 prises

LA PRE-ECLAMPSIE

Les signes cliniques suivants imposent l’hospitalisation :

-douleurs épigastriques en barre
-nausées, vomissements
-céphalées, obnubilation
-phosphènes, acouphènes

A l’examen, tous les signes de toxémie sont en augmentation (TA, uricémie, protéinurie, œdèmes)