ASPECTS DERMATOLOGIQUES DE LA PEAU NOIRE


 

 

 

LA PEAU NOIRE NORMALE

La pigmentation cutanée protège des rayons ultraviolets.

C’est l’abondance et le mode de répartition du pigment mélanique qui déterminent la pigmentation raciale physiologique.

Elle met à l’abri des photodermatoses (maladies induites par le soleil), des érythèmes solaires et de la plupart des cancers cutanés qui ont une prédilection pour les zones peu pigmentées.

Cette pigmentation n’est pas homogène. Certaines zones sont hypopigmentées :

-plante des pieds

-paume des mains

D’autres sont hyperpigmentées :

-face postérieure des coudes

-face antérieure des genoux

-dos des articulations des doigts

 

Parfois, il existe une délimitation nette entre zones hypopigmentées et peau noire normale :

-au niveau des bras

-face antérieure du thorax (hypopigmentation linéaire médiothoracique)

 

 

DIAGNOSTIC DE LA LÉSION ÉLÉMENTAIRE

En dermatologie, la démarche diagnostique passe par la reconnaissance de la lésion élémentaire.

La configuration des lésions élémentaires est particulière par sa répartition folliculaire, l’agencement annulaire (en forme d’anneau), et le caractère exubérant des lésions. Les lésions papuleuses, vésiculeuses, bulleuses, squameuses, kératosiques, nodulaires sont reconnues sans difficultés.

Il n’en est pas de même des macules érythémateuses et purpuriques masquées par la pigmentation de la peau.

On peut s’aider de l’interrogatoire mais surtout d’un bon éclairage. La lumière du jour est indispensable pour révéler l’aspect congestif de la peau, la couleur grise de l’érythème, ou violette d’une lésion purpurique. Sinon, l’apparition secondaire d’une desquamation permettra le diagnostic rétrospectif d’un érythème. Cette desquamation est plus visible sur peau noire où l’aspect blanchâtre des squames contraste nettement.

 

LEXIQUE

 Macule :

Lésion rouge ne faisant pas saillie

 Papule :

Petite lésion cutanée de quelques millimètres de diamètre, à limites nettes, en relief, faisant saillie sur la peau. Elle est consistance ferme et ne contient pas de liquide. Elle est isolée ou groupée avec d’autres et forme alors des plaques.

 Vésicule :

Lésion élémentaire de la peau consistant en un soulèvement circonscrit de l’épiderme contenant une sérosité transparente.

 Pustule :

Petite lésion de quelques millimètres à limites nettes faisant saillie sous la peau. Elle est remplie d’un liquide jaunâtre.

 Bulle :

Forme de décollement de la peau formant une « cloque » de plus grande taille qu’une vésicule. Elle contient soit un liquide clair, purulent ou hémorragique.

 Kératose :

Hypertrophie de la couche cornée de l’épiderme.

 Lichénification :

Modification de la peau secondaire à un grattage répété. La peau s’épaissit et prend un aspect grisâtre avec une surface striée.

 Squame :

Lamelle épidermique qui se détache de la surface de la peau

 Pétéchie :

Tache cutanée purpurique de la taille d’une tête d’épingle, ne s’effaçant pas à la pression et correspondant à une fuite localisée de globules rouges dans le derme.

 Purpura :

Tache hémorragique due à la présence dans le derme de sang issu des vaisseaux cutanés, de couleur rouge et ne disparaissant pas à la pression.

 

MODALITES EVOLUTIVES PARTICULIERES A LA PEAU NOIRE

-Les lichenifications, fréquentes, sont la conséquence de la tendance à l’hyperkératose des peaux brunes. Il s’agit d’un épaississement de la peau apparaissant secondairement à un grattage répété de toute dermatose prurigineuse.

-les chéloïdes sont aussi fréquentes. Elles réalisent des tuméfactions parfois monstrueuses, à surface lisse faite d’une prolifération dermique. Elles sont presque toujours secondaires à des traumatismes cutanés : plaies diverses, vaccinations, incisions (scarifications rituelles) percement d’oreilles, cicatrices chirurgicales.

-la pigmentation est fragile. De nombreuses dermatoses peuvent laisser comme séquelles des hypochromies (hypopigmentation) ou des hyperchromies (hyperpigmentation)

Les dermatoses hypochromiantes sont les dermatoses inflammatoires qui entraînent une accélération de la kératinisation (dermatoses érythémato-squameuses) : psoriasis, eczéma, pityriasis versicolor, pityriasis rosé de Gibert. On observe également des hypochromies par dépigmentation artificielle de la peau par application de cosmétiques notamment de dermocorticoïdes ou de préparation à base d’hydroquinone.

 

MUQUEUSES ET PHANERES

-les ongles sont souvent pigmentés (stries brunes longitudinales). Ces pigmentations sont à différencier des naevi et des mélanomes.

-les muqueuses saines portent aussi des taches  pigmentées : papules perlées du pénis, pigmentation de la cavité buccale.

-les cheveux sont noirs, courts et ont une forme spiralée, crépue. Des pratiques cosmétiques (le tressage et le décrêpage) peuvent entraîner des alopécies de traction.

-les poils de la barbe poussent en spirale et, s’ils ne sont pas rasés assez souvent, ont tendance à rentrer à rebours dans la peau. Ce phénomène est à l’origine de folliculite infectieuse.